dimanche 15 août 2010

Pour Jacky




C'était un homme bon.
Un homme qui reconnaissait le mérite de sa femme et qui m'a dit en toute simplicité: tout ce que je suis, tout ce que j'ai réussi c'est grâce à Estelle.
Je le connaissait à peine. Depuis ce jour Jacky était pour moi un être à part.
J'aimais l'entendre s'adresser à sa femme avec un inimitable " chérie chérie", comme si une seule fois ce ne fut pas assez.
Et son "allô, allô" quand il répondait au téléphone? Le premier pour dire je suis là, le second pour je vous écoute? Je ne sais pas! Mais Jacky était ça aussi, la présence et l'écoute. Pour sa femme, ses enfants, petits et arrière petits enfants. Un Patriarche avec tout ce que cela comporte de responsabilité, respect et tendresse pudique.
Présent aussi pour ses amis. Le vrai copain au sens Brassens du mot.
Il a snobé la maladie. Elle s'est méchamment vengée.
Il laisse un vide que sa famille va tenter de combler en suivant son exemple et en honorant sa mémoire.
Ses amis sauront, par le souvenir ému de ces dernières années à Netanya, rendre l'absence presque acceptable. Il sera toujours parmi nous!
Si j'avais le coeur à plaisanter je dirais qu'il a déjà retrouvé Paul et d'autres mordus de belote avec qui il fera d'interminables parties. Parait que là haut le temps n'existe pas!
Mais je n'ai pas le coeur à plaisanter.
Perdre un ami c'est perdre un peu de soi-même, c'est prendre conscience tous les jours un peu plus que inexorablement la vie nous mène droit à la mort.
Quand on a eu la chance de croiser quelqu'un comme Jacky on peut bénir le hasard. Et "le hasard étant le pseudo de D. quand Il ne veut pas signer", alors merci mon D.!
Sur cette route de la vie à la mort il y a parfois des rencontres privilégiées.
Jacky en fut une.