mardi 28 mai 2013

Il faut savoir dire je t'aime




J’ai envie d’écrire pour arracher ce mal être, exorciser les démons du remords, des regrets mais je sais que rien n’y fera.
Se souvenir de cette enfance ultra protégée entre l’école et la famille ou le contraire… oui, cela peut faire du bien un moment. Fermer les yeux et imaginer le jardin des Alamos, les poissons rouges que l’on ne voyait plus... Les tonnelles de vigne de  chaque côté du jardin avec un cépage dit américain au bout, sur lequel on grimpait pour voler les grenades du voisin.  
On y avait tous notre place. Et le temps a passé...
Chacun a fait sa vie comme on la fait au xxème siècle…Classique, exotique, normale, toutes avec des hauts et des bas, des choix, des renoncements mais toujours présents .
Il a suffit d’un grain de sable, une cigarette, d’une injustice ou vécue comme telle pour que le doute te ronge et tu passes tes journées à culpabiliser. J’aurais pu faire mieux! Téléphoner plus souvent, m’inquiéter des uns et des  autres…
Si, si ! Pas un jour ne passait sans que je ne pense à tous, un par un mais je ne l’ai pas dit.
Je sais bien que dans la famille on ne se dit pas des gros Je t’aime, on ne fait pas claquer les baisers, on ne se passe pas la main dans le dos comme une caresse. Trop de pudeur, trop de retenue et quand c’est trop tard  c’est trop tard.
Le temps fera bien son travail…Je veux le croire.
On va même essayer de se consoler en pensant aux choses positives qui ont balisé sa vie. 
Une bonne famille, un bon job, une femme remarquable, un fils comme on aimerait tous en avoir, une petite fille adorable et des amis, beaucoup d’amis.

Mais comme Jean Ferrat je dirais et redirais « Tu aurais pu vivre encore un peu »…