dimanche 21 novembre 2010

Un masque sans Carnaval




C´est fait!

On les a à la maison, dans la chambre étanche, deux vilaines boites bien fermées à côté des bouteilles d´eau, du poste à transistors...

Faudra penser aux petits biscuits au cas où....

C´est drôle! J´ai eu la même sensation qu´après un vote!

Devoir accompli...La suite ne m´appartient pas.

En plus, peut être pour dédramatiser la démarche, la distribution est faite par du personnel compétant dans une grande surface d´électroménager, avec un plasma où passait en boucle leur mode d´emploi .
Le même, quelques semaines auparavant vantait les mérites du dernier robot miracle pour la superwoman avertie du XXI siècle!!
Interdiction formelle d´ouvrir les emballages jusqu´au jour ...
On espère ne jamais avoir à s´en servir!!
Une formalité, encore une dont on se serait bien passé!

Mais la vie continue et plutôt de manière agréable.
Il fait moins chaud, ouf! on respire, la mer est belle, les journées courtes.
Des couchers de soleil magnifiques et des nuits reposantes.
On retrouve Netanya comme on l´aime. Calme mais vivante et à nous!
On oublie la politique, Bibi, Abu, Obama, Hillary et les autres!!
Et au Kikar on sirote un Coca Ligth, régime oblige, en se disant que chaque jour de Paix est un cadeau pour les deux côtés de la frontière!

mercredi 29 septembre 2010

Mon histoire d'eau...



Il a fait chaud, très , très chaud!
Il fait chaud, très, très chaud!
Il fera encore chaud, très, très chaud!

Tu tends l'oreille au moindre clapotis...
La nuit tu changes de chambre à la recherche d'une petite brise, d'un souffle, mais fenêtre ouverte le rideau ne bouge même pas!

Tu fermes les yeux et des images de ruisseaux paisibles et rafraîchissants t'envahissent.

De ton vieux cahier à spirales tu sors ta Chanson d'Eau et du coup la température commence à baisser à mesure que ta "saudade" augmente ...

Chanson d'eau

Cristalline, maligne
Elle coule insouciante
Déjouant les écueils
Comme l'avenir se joue
Des plus mauvais présages.
Sautillante, fuyante
Comme un écureuil
Ne prenant au passage
Que l'éclat d'un rire,
Un reflet de sapin,
La blancheur du lys,
La rosée du matin.
Réveillant le souvenir
D'un jeu de pistes, d'un feu de camp
De deux regards qui se cherchent,
S'évitent...
D'un amour naissant.
D'un collier de fleurs de mai
Aux allures de perles d'Orient,
Devenu poussière avec le temps,
Mais jalousement gardé
Dans l'écrin soyeux de ma mémoire,
Dans cette eau, dans sa chanson,
Dans le jardin secret de notre histoire

vendredi 17 septembre 2010

Fantasme






Magie d'un clair de lune
Sans dunes...
Pas de sable, regrettable!
Du basalte gris asphalte
Mer de marbre bleu argent.
Regard sombre qui encombre
Boucles noires dans le vent.
Main nerveuse qui insiste
Corps brûlant qui résiste
Souffle court qui réclame
La réponse que l'on clame
Dans l'étreinte sans contrainte
D'un fantasme qui persiste!
Lyon 1991


PS
Il n'y a pas que le souffle qui est court...
L'inspiration aussi laisse à désirer!
Alors on pioche et on trouve ce genre de petites choses dans un cahier à spirales...




dimanche 15 août 2010

Pour Jacky




C'était un homme bon.
Un homme qui reconnaissait le mérite de sa femme et qui m'a dit en toute simplicité: tout ce que je suis, tout ce que j'ai réussi c'est grâce à Estelle.
Je le connaissait à peine. Depuis ce jour Jacky était pour moi un être à part.
J'aimais l'entendre s'adresser à sa femme avec un inimitable " chérie chérie", comme si une seule fois ce ne fut pas assez.
Et son "allô, allô" quand il répondait au téléphone? Le premier pour dire je suis là, le second pour je vous écoute? Je ne sais pas! Mais Jacky était ça aussi, la présence et l'écoute. Pour sa femme, ses enfants, petits et arrière petits enfants. Un Patriarche avec tout ce que cela comporte de responsabilité, respect et tendresse pudique.
Présent aussi pour ses amis. Le vrai copain au sens Brassens du mot.
Il a snobé la maladie. Elle s'est méchamment vengée.
Il laisse un vide que sa famille va tenter de combler en suivant son exemple et en honorant sa mémoire.
Ses amis sauront, par le souvenir ému de ces dernières années à Netanya, rendre l'absence presque acceptable. Il sera toujours parmi nous!
Si j'avais le coeur à plaisanter je dirais qu'il a déjà retrouvé Paul et d'autres mordus de belote avec qui il fera d'interminables parties. Parait que là haut le temps n'existe pas!
Mais je n'ai pas le coeur à plaisanter.
Perdre un ami c'est perdre un peu de soi-même, c'est prendre conscience tous les jours un peu plus que inexorablement la vie nous mène droit à la mort.
Quand on a eu la chance de croiser quelqu'un comme Jacky on peut bénir le hasard. Et "le hasard étant le pseudo de D. quand Il ne veut pas signer", alors merci mon D.!
Sur cette route de la vie à la mort il y a parfois des rencontres privilégiées.
Jacky en fut une.

lundi 19 juillet 2010

Alyah...Lourd bilan!



6 ans hier!


Si on me demandait de faire un bilan je dirais: j´ai grossi, énormément grossi!
Réducteur me direz vous, mais j´assume.
L´alyah n´est pas une mince affaire et encore moins une affaire de minces!
Plus ça va et plus c´est difficile, car la notion du temps qui passe vient te mettre en état d´urgence.
Il faut gagner le pari même si avec le recul tu le trouves un peu fou.
Et si on n´était là que pour accomplir la prophétie? Autrement il n´y aurait plus de prophétie, pas vrai?!
Est-ce le genre de défi capable d´agir sur l´inconscient de tout un peuple, de le pousser à retrouver son pays et à installer sur sa terre des hommes venus des 4 coins du monde?
Mais la terre est ronde... où sont les coins?
Fermons la parenthèse.
Donc je disais j´ai grossi!
Un psy, très lu et connu sur la place, disait dans un de ses derniers articles concernant l´alyah qu´il fallait éviter de tomber dans le piège du ghetto franco-français!
Sans le savoir j´ai depuis toujours suivi son conseil.
J'ai créé mon ghetto-perso, toute une carapace de graisse qui m´arrondi, m´empêche d´aller vers les gens, m'isole et m´enferme dans mes contradictions.
Je déteste mon image, l´image que je donne de moi, alors pourquoi l´imposer aux autres?
Si le psy me lisait ...mais c´est un cas banal!
Même pas original...vu le nombre de rooondes que l´on croise au km!!
Une réflexion due à la fatigue, à la chaleur?
Sans doute!
Mais ça ne change rien à la réalité des kilos qui me classent, doux euphémisme, en "severe obesity"!
Il y a plus grave, oui je sais, mais comme bilan c´est lourd...très lourd!!
Au moins 20 au dessus de la norme!
PS. Merci Botero! T´as su rendre beau le détestable.

lundi 7 juin 2010

La gitane de mes 15 ans...




Elle avance ondulant
Son corps de danseuse espagnole,
Cheveux roux sous un foulard aux fils d’argent,
Prend ma main, regarde ses lignes
Et son sourire s’efface
Dans une petite grimace
D’étonnement !

«Tu finiras ta vie au Moyen-Orient»!

Elle est folle la gitane au regard doux...
Mais non, elle avait bien raison!
Aujourd'hui je vis en Israël
Pays béni où jadis coulaient le lait et le miel
Mais d’où la colombe ne prend plus son envol
Ne sachant où se poser… de l’autre côté.
Pays béni où chaque jour le désert fleurit
Pour montrer
Qu´ici l’impossible est réalité !
Je revois la gitane m’affirmant
Dans un sourire éblouissant
Que l’Amour et la Paix seraient sur mon chemin.
Et de ce coin du monde où le canon gronde
Je promets
Que si demain la colombe s’envole et revient
À celui qui le vaudra, mais le vaudra vraiment
Je tendrai à nouveau la main.
Israël - juillet 2005


Toujours d'actualité même si le canon ne gronde pas...encore!
Faut-il croire la gitane?
Croisons les doigts en disant Shalom Salam!
Et par ce signe et ces deux mots éloignons le spectre de la guerre.
Au Pays des Ness...
Rien n´est impossible!

mardi 1 juin 2010

Flottille et pénurie à Gaza...


Ça aussi fait partie de l´alyah!
Devoir se justifier aux yeux du monde et aux siens... Comme si tout ce qui est permis aux autres nous était d´office interdit.
Meir Rosen, un de nos experts en droit international l´a si bien stigmatisé. Parlant de la flottille de Gaza et la condamnation générale de son arraisonement par l'armée isarelienne il dit : c'est comme si au Tribunal un juge après avoir condamné l'accusé disait : maintenant on écoute les témoins!!
Faut il en rire ou en pleurer?
Peuple, où la dérision est une arme, allez on va en rire encore une fois !

Lire dans un quotidien portugais le mot déportation utilisé pour dénoncer le sort des "humanitaires" arrêtés lors de l´assaut de la flottille n´est pas faux si l´on se tient au sens étymologique du mot. Mais connaissant la connotation du même mot depuis Aushwitz cela veut surtout banaliser l´horreur puisque les juifs eux même déportent... Et là nous avons toute la lâcheté de l´Occident.

La Corée du Nord envoie par le fond un bateau de guerre de l´autre Corée avec équipage et biens? Aucun intérêt puisque il n y´avait pas de juifs ni d´arabes impliqués! On en parle comme à regret, quelques lignes dans la presse et on envoie le "fait divers" sur le compte Pertes et Profits de l´Humanité!
Mais doit on encore utiliser ce mot magnifique pour parler du Monde où nous vivons?

Aux réactions de ce même Monde, dont les projecteurs sont braqués 24 heures sur 24 sur ce qui se passe dans ce coin du globe, l´existence d´Israël trouve sa justification si tant est que l´on devrait encore la justifier!

Et l´Alyah par la même occasion!
Qu´elle soit par idéal ou pragmatique, c´est un pas à franchir à un moment ou un autre de l´existence du juif.
Tout n´est pas rose, loin s´en faut! Mais comme dit le vieux dicton et combien juste dans ce cas "il vaut mieux un petit chez soi qu´un grand chez les autres" .
De toute façon, à l´image des Rothchild, Cahen d´Anvers et autres Camondo les juifs seront toujours regardés, catalogués et malheureusement déportés en tant que tels. Mécènes, philanthropes, morts pour la patrie ou communs des mortels , nés juifs ils le resteront jusqu´à la fin. La seule nuance sera quand en parlant d´eux on dira "juif français"ou "français de confession juive"!

Combien plus savoureux un café servi sans gants blancs au Kikar que le même café bu à Paris, Londres ou Madrid où t´as du enlever ta kippa pour ne pas te faire agresser!

jeudi 29 avril 2010

Le temps qui passe...




T’as beau faire semblant, faire comme si mais tu ne trompes personne et encore moins toi-même.
Ici ou ailleurs le temps passe et passe de plus en plus vite.

Comme tu n’as pratiquement pas d’hiver tu vas d’été en été sans perdre ton bronzage ! Tu me diras que ce n’est pas une fin en soi .C’est juste un constat.
Pour peu qu’une escapade à Eilat ou à la mer Morte te donne un petit coup de soleil et te voilà bien tannée 365 jours par an sans avoir recours aux controversées cabines UV !
Mais le temps n’a pas arrêté de passer pour autant.

Autour de toi on parle de plus en plus souvent de celle ou de celui qui n’est plus. Dans ta tête tu calcules vite (tu peux encore le faire) pour te dire : eh ben, pas beaucoup plus vieux que moi…
Ta fille as mal au dos et quand tu lui demandes comment ça ?
- Je dois vieillir mal !
Alors si elle vieillit, toi n'en parlons pas.
En plus l’Alyah ça use ! C'est fou ce que ça use !
Seul un Grandfather à la maison m’aurait réconcilié avec cette évidence et encore...
Son tic-tac monotone et ses heures égrenées au son d’un carillon désuet me seraient moins cruelles.
Ça fait un peu « Les Vieux » de J. Brel mais bon....
J’aime les choses inutiles quand je les trouve belles et c´est beau un Grandfather.
Ce n’est pas la lumière bleuâtre du réveil digital qui me contredira!
J’irais un jour aux Puces de Yafo. On ne sait jamais…
Je divague !
Je vais plutôt faire un tour à la nouvelle librairie du Kikar prendre un beau bouquin et changer ces idées bizarres autour d´un complet au poisson chez William.
En plus si tu oublies les frites c´est presque diététique...!

lundi 19 avril 2010

Yom Haatsmaout


Demain c’est fête !
Le pays est déjà couvert de drapeaux de toutes tailles !
Partout du bleu et blanc, des balcons aux voitures, en guirlandes autour des arbres sans parler des sites officiels où des cérémonies vont avoir lieu.
On fête l’indépendance et ici ce mot a une charge émotionnelle énorme.
Comme le grand sport national est le barbecue, les parcs sont envahis par une foule bigarrée, glacière en bandoulière, chaises et parasol, tout l’attirail de l’israélien en goguette !
Toi tu vas à Regavim, kibboutz où les francophones se donnent rendez-vous tous les ans.
L’endroit est beau, lieu de vie aménagé, moins sauvage que les parcs. Tu y croises toujours les mêmes gens qui font toujours les mêmes choses.
Concours de pétanque…on vient de France, non ? Concours de belote…on vient de France, non ?
Sur la scène un DJ nous passe du Macias jusqu’à l’overdose !! Un peu d´oriental comme là bas et les grands classiques de la variété française. Décibels garantis mais ça n’a pas l’air de déranger grand monde. Il fait chaud et si t’as besoin de calme tu trouveras toujours un coin à l’ombre pour une petite sieste.
Mais avant la sieste t’as eu l’apéro, les grillades, les salades, les pitotes, la pastèque de rigueur et suprême luxe un café presque chaud droit sorti du thermos ! Tout ça servit dans une profusion de plastique et papier ! Enfin... Byzance !
J’oubliais les discours sans quoi ça ne serait pas une vraie fête! Discours que personne n’écoute à défaut d’entendre, mais que tout le monde applaudit soulagé que se soit enfin terminé !
Le soleil commence à décliner, la fête touche à sa fin, on se donne rendez-vous pour l’année prochaine et je me dis tout bas qu’ici la pluie ne viendra pas me tirer de là...
On ne peut être Place Bellecour et au Kikar!
PS. Pas mal du tout avec Dov à la musique! Même l'exposé de Caude Levy était très intéressant.Et la formule "après midi café plus apéro le soir" testée cette année mérite d'être renouvellée. Ce n'est pas un "mea culpa" mais preque!

jeudi 8 avril 2010

Perruches à col



T´as jamais vu ces beaux oiseaux verts?
La première fois j´ai cru qu´une perruche éprise de liberté avait quitté sa cage. Mais non! Elles sont là par bandes presque tous les matins et vont d' antenne en antenne, poussant des cris entre pigeons et tourterelles. Désinvoltes et belles elles prennent possession du ciel, comme les touristes de notre plage et du Kikar.
À chaque fois, avec des jumelles, je suis leurs vols.
Un plaisir simple qui me ramène à l´époque où sans télé ni ordi c´était dans la nature que nous trouvions nos passetemps favoris.
Regarder dans la rivière, sous le cresson sauvage, la vie des grenouilles de têtards à l´âge adulte. Attraper des lézards avec une tige souple où l´on avait fait un noeud coulant au bout. Ça ne marchait jamais mais on y passait un temps fou! Commencer une collection de papillons, abandonnée à peine débutée. Trop fatigant de leur courir après par ces chaudes journées d´été. Cueillir des mûres et les mettre dans une énorme feuille d´arum fermée en cornet par des aiguilles de pin...
Ces petits oiseaux verts m´ont ramené dans la maison où enfant je passais mes vacances.
Il y a bien longtemps...
Être là
Laisser le gracile rayon de soleil
Violer l'ombre dans la chambre
Aux murs blanchis à la chaux.
Ouvrir les volets couleur ambre, craquelés,
Sur les montagnes lointaines, immuables et fières
Drapées d'une étrange lumière.
Respirer les senteurs de la nuit
Qui agile s'est enfuit
A peine mouillée par la rosée du matin.
Descendre dans le jardin.
Caresser d'une main distraite l'écorce lisse du figuier.
Guetter d'une oreille inquiète le murmure rassurant
De l'eau glissant dans la rivière.
Écouter religieusement
Les oiseaux bénir l'aube de leurs chants.
Goutter ces plaisirs démodés,
Ces petits riens si fragiles.
Être là et être bien.
(Casa do Passo)

mercredi 24 mars 2010

Ainsi va la vie...



J’ai pas fait attention et j’ai tout nettoyé !
Même mon cerveau !
Plus d’idées, le vide total, donc Vacances pour tous !
Hag Pessah Sameah ! Que la Paix soit dans le Monde et surtout dans cette partie du Monde !
C’est pas pour demain ?
Va au Kikar ! Tu trouveras un ponte pour t’expliquer comment ça va se passer et une ou deux tables plus loin un autre pour te dire exactement le contraire !
Ainsi va la vie …

Bon voyage à ceux qui partent et surtout bon retour!

mercredi 17 mars 2010

Comme un ballet de libellules




T’entends un vrombissement lointain et tu sais qu’ils seront bientôt dans ton champ de vision.
Ils vont du nord au sud ou du sud au nord longeant la côte, dans un ciel bleu qui invite à la nonchalance.

En mission de surveillance ou de défense ils sont nos gardiens, les hélicos.
C’est rassurant mais ça serait tellement mieux de les savoir au sol, en veille, ou tout juste en manœuvres.

Un jour peut-être…
Ton regard les suit jusqu’à ne plus les voir et à ce moment tu leurs souhaites d’aller là où ils doivent aller mais surtout de revenir.
Sans pouvoir parler d’un sentiment d’insécurité, t’as à force de vivre sous menace, acquis une certaine dose de fatalisme au fur et à mesure que l’idée d’un Israël fort et presque miraculeusement invincible s’estompe.

Nous avons nos talons d’Achilles, nos chevaux de Troie et toutes les faiblesses d’une vraie démocratie.

Et aussi un ras le bol de piétiner dans une situation figée, de chercher à plaire souvent par des actes contre l' intérêt immédiat, mais qui sait lucratifs à long terme.

D’être celui que l’on presse de faire un geste, encore un !
Réflexion de Café du Commerce ? Sans doute! Mais aussi un constat sans oeillères.

T’as plus envie de lire un journal, d’écouter la radio et encore moins de regarder la télé.
En ce moment les mimosas sont en fleurs et tels des feux d’artifice jaune or les arbres font les beaux le long des routes et dans les parcs. La nature est magnifique, le Printemps est là.
T’as envie de te laisser aller, de ne plus penser, passer à autre chose. De faire une pause, le vide, que le monde t´oublie et oublier le monde.
Mais le ballet incessant des hélicos, libellules de fer et acier aimées et redoutées t’en empêche.
Même au Kikar tu les vois passer …
Et ta « limonada » n’a plus le même goût !

jeudi 11 mars 2010

La panne






Pas le vertige de la page blanche…la panne ! De toute façon personne ne se plaindra si cette semaine je pédale, je bafouille.
Un petit passage à vide comme souvent à l’approche des fêtes. Coup de blues, petite déprime ou « ma chou ka ze » !
L’impression d’avoir des racines aériennes…d’être de nulle part. Un peu aussi comme ces arbustes secs du désert qui virevoltent au grée du vent sans pouvoir s´arrêter. Je ferais mieux de parler de plantes grasses…mais celles-ci sont bien accrochées !!
C’est quand même bizarre ce sentiment ! Je suis une émigrante …
On fait comme si, on s’installe mais on regarde l’autre comme il te regarde, sans complaisance. Ta culture devient une charge, ta langue devient barrière, tes coutumes curiosités. Tu ne t’exprimes plus, tu mimes !
Tu finis par n’être bien qu’avec toi-même, mais t’as vite fait le tour. Alors tu te regardes le nombril et les jours passent. T’es pas malheureuse mais t’es en manque ! De quoi ? Va savoir !
Mais ça ira mieux demain ou après demain…
Tu te demandes si t’es la seule dans ce cas là . On a tous ses états d'âme, on les gère plus au moins bien mais on n'en parle pas .
Un découragement passager lié au sentiment de n’être pas d’ici et de ne plus être d’ailleurs ? De ne pas avoir le choix? D’avoir les deux pieds dans le même sabot, de ne pas avancer et de presque se plaire dans cet état d’inertie totale ?
Là le Kikar ne peut rien faire d’autre qu’attendre que ça passe!
Et ça va passer...

jeudi 4 mars 2010

Les méduses et les touristes...


Revenons à Netanya
Selon tes goûts, ton âge, tes artères et surtout tes os t’as huit mois dans l’année où tu peux profiter de sa plage !
A Lyon c’était un rêve ! Habiter une ville au bord de mer où il fait toujours beau. Eh! bien …j’y suis et tu sais quoi ? La plage c’est comme le shouk et la syna, je n’y vais pratiquement jamais.
Sauf que là je ne me l’explique pas. J’adore la mer, un peu moins le sable ayant vécu dans une île bordée de magnifiques criques, rochers et galets et je me prive de quelque chose que j’aime comme pour me punir...au secours Dr. Freud !
En dehors de juillet envahie par les méduses et août par les touristes, deux espèces à éviter, la plage est belle et fréquentable.
Surveillée, aménagée elle est tout ce que je voulais quand je ne l’avais pas. Mais maintenant j’ai toujours une bonne raison pour passer à côté et pour le regretter après. Ou il fait trop chaud ou pas assez, ou le vent avec le sable c’est insupportable, ou t’es fatigué ou ça va te fatiguer…et le temps passe. À chaque fois tu te dis…l’année prochaine ! Mais ça ne marche pas pour tout… et dans 2000 ans je ne serais plus là !
Dommage ! Ce sont ces petits plaisirs simples qui auraient peut être transformé le quotidien et empêché la routine de s’installer à condition que d’aller à la plage n’en devienne pas une !
En avril," bli neder", je vais commencer ma saison ! Allez ! Je fonce! Régime, sport et plage ! Qui dit mieux !?
J’ai bien dis "bli neder"… !!!
De toute façon, si j’échoue, il reste pour me consoler le Kikar et les délicieuses glaces de Tony
Si je réussis...je suis bien au pays des"ness", un Cola Diet chez Papa Maman, toujours au Kikar bien sur!

mercredi 24 février 2010

Au chevet de Madère



Je suis accablée ! Je n’ai pas envie de parler alyahkikar.
Mon île souffre et moi avec elle.

Funchal transformé en marécage !
Des images à la limite du supportable et la rage liée à l’impuissance face aux forces de la nature. Une nature qui reprends ses droits et les rivières leurs lits se débarrassant comme dans un énorme vomissement de tout ce qui encombre leurs cours.
Alliance maudite du mauvais temps, de l’ignorance et de la cupidité. Des vies perdues parce que au mauvais endroit au mauvais moment. Des rivières paisibles couvertes de bougainvilliers, beauté de carte postale, déchaînées, devenues furies meurtrières.
Et la question obsédante, que l’on n’ose pas se poser tant on a mal, mais qu’il va falloir affronter : à qui la faute ?
Et à quoi cela avance si l'on persiste dans les mêmes erreurs ?
1993 nous avait donné un sérieux avertissement. Est ce que l’on a vu des changements dans l’occupation des sols, dans le nettoyage des rivières ?
C’est vrai que l’on ne coupe pas de rubans quand on débute ou termine ce genre de besogne, pas de bain de foule non plus… C’est vrai que les querelles de clocher occupent et font vendre du papier détournant l’attention de l’essentiel. C’est vrai aussi et surtout que le moment est à la solidarité, toutes sensibilités et partis politiques confondus.
Il faut un grand élan pour sortir de là et les gens de Madère vont prouver que fatalisme et courage bien qu´antinomiques vont réussir ce challenge !
De loin mais toujours avec toi, je ne veux te retrouver que comme je t’imagine :

Mon île

J’arrive !
Je t’en prie fais toi belle !
Mets ton beau corsage vert,
Ta jupe bleue océan,
Tes jupons frangés d’écume
Ton châle de nuages blancs.
Parfume toi de lilas,
De chèvrefeuille ou de jasmin
Coiffe toi de soleil
Et dans tes cheveux flambants
Noue des poinsettias vermeils !
Fais chanter à tes oiseaux
Au Kiosque de Jardin
Le plus bel Hymne à la Joie !
Fais danser des feux follets
De tes montagnes à tes plaines
Et dans tes rivières paisibles
Fais rire l’eau aux éclats !
J’arrive !
Et nous serons à l’unisson
Mon île, mon cœur, ma raison !

Panse vite tes plaies ! Se sont aussi les miennes.

mardi 16 février 2010

De Roch Hanikra à Eilat





C’était mon premier voyage organisé et la révélation !
Un bus attendait les participants, 99% de retraités. Comme nos places étaient vers le fond nous sommes entrés par la porte arrière et là… Une marée de têtes blanches!
Je me suis dit : ça y est ma vieille! T’es en plein dedans ! Le 3ème âge, même de dos, t’ouvre grand les bras !
Venant tout juste de quitter la vie active et des collègues plus jeunes, être plongée sans transition dans la réalité du temps passé et qui passe je ne te raconte pas le choc ! J’ai du mettre les ¾ du voyage à intégrer mon nouveau statut.
Heureusement le désert est venu apaiser mes angoisses. Magnifique désert! Immuable et si changeant. Au grée des arrêts élégamment appelés de confort ou pause café nous lions connaissance avec nos compagnons de voyage. Arrivés à destination la beauté du coin et l’accueil du personnel de l’hôtel finissent par me faire admettre qu’après tout chaque âge a ses avantages et qu’un 5*luxe au bord de la Mer Rouge en décembre, sous le soleil, à ce prix là, en est un! Sans parler du désert, ce désert que tu dois traverser et auquel tu succombes à chaque fois…
Le désert, toi et moi
Le désert m’envoûte, m’absorbe.
Je suis pierre, je suis sable, je suis dune,
Palette d’ocres balayée par le vent,
Palmier d’un oasis de fortune.
Bédouine au port altier
Devant son village de tôles,
Foulard noir sur les épaules.
Je m’évade !
Ton ombre m’accompagne
Je suis toi, passé sans futur ni présent.
Souvenirs,
Plaisirs et bonheurs d’avant.

Et de Roch Anikra à Eilat on découvre le pays, un merveilleux pays !
Le départ et l’arrivée se font au Kikar, omniprésent témoin silencieux, mais toujours là!

vendredi 12 février 2010

La synagogue



C’est un peu comme le shouk ! Que D. me pardonne ! Je n’y vais presque jamais. Je ne me sens pas bien au milieu de femmes rien que des femmes dans un espace confiné. Comme je me connais je les connais ; la gent féminine c’est pas du gâteau. Les regards qui se veulent discrets et te mesurent de haut en bas ça passe encore, mais de long en large…Tu croules sous le poids de ces maudits kilos dont tu n’arrives pas à te débarrasser malgré régimes, privations et heures de marche. L’alyah fait grossir d’après les nutritionnistes…c’est pas une excuse ! Tu te sens minable, un seul désir rentrer à la maison. Mais t’es là !
Malheur si tu ne connais pas les codes ! Tu risques de faire la mouche dans un bol de lait si t’arrives en tailleur noir couture un jour de Yom Kippour dans un parterre de femmes-fleurs toutes de blanc vêtues ! Ça va du chapeau jusqu’aux chaussures, en passant par l’écharpe et le sac. Même le petit mouchoir parfumé est blanc, un peu froissé en fin de journée mais il était blanc au départ je peux te le jurer. La honte !
Pour le reste la syna c’est comme ailleurs. Des gens venant d’un peu de partout avec une majorité dominante qui impose un rite, celui qu’ils pratiquaient là bas, encore là bas, mais qui se perd. C’est une syna 3ème âge, limite 4ème. Les chants souvent cacophoniques dans certains passages deviennent beaux quand un connaisseur les entonne et arrive à faire passer dans la mélodie la beauté du texte. Le silence s’installe, des yeux brillent un peu plus et un tonitruant Hazak ponctue la fin du psaume. Quant au rabbin il est chéri de tous, un peu trop noir pour certains mais comment faire l’unanimité ? Impossible quand on sait que là où il y deux juifs il y a trois opinions…
Le shabath, à la fin t’as l’apéro ! Tout le monde s’agglutine autour de deux tables, une grande pour les hommes et une plus petite pour les femmes, ben voyons ! Les habitués officient, servent l’anisette et font passer les cacahuètes. Chacun son rôle ! C’est convivial ! On se dit au revoir en bas devant la porte. Pas de voiture de police ni de flics pour crier circulez, circulez. On est chez nous, on fait comme on veut et si tu veux t’as même le Kikar pas loin pour un petit break avant la tafina de midi, un Kikar où tout est calme respectant lui aussi ce jour de repos.

mercredi 10 février 2010

Quand un ami te quitte



Quand un ami te quitte tu lui en veux presque de t’avoir laissé comme ça ! T’avais des tas de choses à lui dire et il n’est plus là. Lui dire qu’on l’aimait, qu’on admirait son esprit boy scout toujours prêt, son dévouement, sa disponibilité. Je ne vais pas tenir un discours de circonstance, d’autres le font mieux que moi. Pour rester dans l’esprit blog je vais essayer de mettre à jour la base de données le concernant, je crois qu’il aimerait mieux ça.
Il était déjà là ce fameux été 2004 et a vu l’arrivée de tous ces tlemceniens comme un cadeau. Des tlemceniens comme lui, l’ancien olé de Netanya. Il pouvait parler de là bas sans décodeur ! Il a été notre ciment, notre trait d’union et c’est beaucoup grâce à lui et aux voyages organisés dans lesquels il s’investissait à fond que l’amitié a consolidé le groupe. Les repas Chez Myriam, le café au bistrot de la plage, la belote du chabath après midi et le souci de nous voir tous bien et ensemble lui ont donné autorité d’intervenir quand surgissaient d’inévitables petits accros. Il savait d’un mot remettre les choses à leur place et nous montrer le côté éphémère de l’existence. La vie n’est qu’un chemin plus au moins long vers la mort. Peut-être savait-il déjà que le crabe ne lui laisserait aucune issue ? Il a su le combattre avec courage mais sans être perdu d’avance c’était un combat pipé ! Il ne va pas nous manquer, il nous manque déjà !
L’année dernière un ami m’a quitté. Pour lui j’avais écris un petit poème que je partage aujourd’hui avec Paul Nathan.

Mourir en janvier

Mourir en janvier, quelle drôle d’idée !
Sous un triste ciel d’hiver,
Sans un adieu, fermer les yeux, partir.
Laisser sa famille, ses amis, son île
Et un grand vide
Où chacun enfouira ses souvenirs.
Souvenirs d’un homme bon, d’un ami extra,
D’une voix,
De quelqu’un qui nous manque déjà.
Mourir en janvier, quelle drôle d’idée !
Admettre l’absence, baisser les bras
Devant l’évidence d’une vie brusquement fauchée !?
Non ! L’oubli n’a rien à faire ici !
L’amitié est éternelle
Et restera pour toujours là où il est aujourd’hui,
Dans nos cœurs, dans nos larmes et nos prières.
Mourir en janvier, quelle drôle d’idée !

samedi 6 février 2010

Le shouk


Je n'y vais jamais ou presque mais pour certains c'est un rituel qui ne supporte aucune dérogation.
Ils connaissent les prix, les marchands, ceux qui trichent sur le poids, qui te forcent la main,qui se trompent en rendant la monnaie et les autres!
Ça sent bon et mauvais à la fois, surtout mauvais. Entre boucheries, poissonniers et marchands d'olives en plein air la menthe et autres herbes aromatiques, épices, fleurs et fruits exotiques n'arrivent à couvrir de leurs parfums l'odeur des premiers. Surtout quand le soleil s'y met et il s'y met tout le temps!On parle fort, on attire les clients par de jeux de mots que je ne saisis toujours pas mais rien qu'à l'intonation on a compris que chez lui c'est mieux et moins cher que chez les autres.C'est beau si tu y vas juste pour le spectacle! Les pyramides de fruits et légumes tiennent comme par miracle et nous ravissent de leurs couleurs. Les gens vont et viennent, touchent, sentent, soupèsent, achètent ou pas tirant leurs caddies d'un air résigné ou rageur. Les virtuoses du "transpal" font tourner leurs engins pleins de cartons en équilibre instable mais ça passe! Et il y a ceux qui prennent leur café attablés à la terrasse d'un bistrot en plein milieu du marché. L'agitation ambiante ne les effleure pas. Ils sont le shouk, le shouk tourne autour d'eux. Leurs regards perdus parcourent qui sait, d'autres shouks, d'autres ruelles dans d'autres pays...
Moi je préfère le supermarché, j'ai honte tant le shouk paraît incontournable mais j'assume. Les prix sont indiqués, les balances visibles et les jours de livraison t'as des fruits et légumes aussi frais qu'au marché.En plus t'as des promotions...ok, pas si promotions que ça mais tu fais toutes tes courses en même temps. Pratique, t'as le parking gratuit au sous-sol. Et si un jour t'es pas contente de ton super tu changes, t'as l'embarras du choix, mais tu finiras par revenir parce que le boucher est sympa et en plus il parle français!Une fois à la maison tu ranges tout vite fait entre frigo et placards imaginant avec plaisir la pause thé nana que tu vas faire au Kikar!

samedi 30 janvier 2010

T'es pas fatigué des avions...?



Mais qu'est ce que tu vas encore faire en France? T'es pas fatigué des avions!?
-Je vais voir les petits-enfants et mon médecin. Ici c'est pas pareil, se croit-il obligé d'ajouter.
Et pour cause! Avec 10 minutes par patient faut être très fort pour déceler autre chose que le fameux Virus dont on ignore l'origine et l'évolution. De toute façon t'as Acamol et si l'Acamol n'en vient pas à bout, un petit mot et direction le spécialiste. Au début tu demandes de préférence un qui parle français mais comme les yeux rivés sur son ordi il ne parle ni te donne l'occasion de parler, après tu t'en fous. Russe, argentin ou autre ils vont te faire faire la tournée des petits copains et auront les résultats en chaîne par ce foutu ordi devenu leur médecin chef!
Pour te rassurer les anciens "olim" vont de dire que pour les petits bobos on ne te chouchoute pas comme en France mais que pour les cas graves ils ne te lâchent pas. Parfois c'est toi qui les lâches, saturé par ce comportement de mandarin des temps modernes. T'es la victime d'un système où le malade n'est plus qu'une ligne sur une liste, ligne barrée avec application au crayon feutre fluo dès le début de la consultation et où les médecins paraissent aussi victimes d'une non reconnaissance de toutes leurs années d'études. Mais à cette cadence comment mettre en application l'acquit de 8 à 12 ans de Fac? Et ça fait deux victimes sous l'écran froid imperturbable de l' intouchable médecin chef.
Heureusement certains arrivent à pratiquer une médecine style Vieux Continent, proche et rassurante. T'en sors à moitié guéri de la consultation et t'as même plus envie de passer à la pharmacie où l'on te donne "bediouk" le nombre de cachets prescrits pour le mois, quitte à couper la plaquette en zigzag!
Pas grave! Il te restera toujours le Kikar, un café allongé, un verre d'eau glacé et l'oreille attentive de celui à qui il est arrivé la même chose mais en bien pire!

mardi 26 janvier 2010


Petite bafouille aux allures de poème ou petit poème bafouillé lors de la Hanoukat Bait de Jacquot...

Jacquot!
De tous les amis retrouvés ici et que j'adore
C'est lui mon talon d'Achilles!
Facile de succomber à son jeu...
Oeil rieur, malicieux
Il nous prépare la flèche, qui touche
Fait mouche sur l'ego de la victime ravie
D'être la cible d'un copain facétieux.
Érudit, matheux sans en faire trop
Il captive l'attention et sa façon naturelle
De nous dire ce qu'il sait sans imposer ses idées
Fait de lui celui qu'on aime avoir à ses côtés.
Nonchalance britannique et chapeaux inimitables
Distinguent le personnage dont la gentillesse discrète
L'humour caustique et le sens d'hospitalité
Ravissent tous ses amis.
Et si nous sommes là aujourd'hui c'est pour lui dire
Qu'on l'aime et qu'il a bien fait de venir
Dans le rang des Tlemceniens de Netanya
Ceux même qui refont le monde au Kikar
Trouvent des solutions aux conflits, à la chute du dollar
A tout ce qu'en Israël va de travers
Pour conclure finalement
Avec fatalisme et aisance
Que malgré tout
On est bien mieux ici qu'en France

samedi 23 janvier 2010

Pas besoin de rendez-vous!



Pas besoin de rendez-vous! Tu descends et tu tombes toujours sur quelqu'un.
A Lyon tu pouvais marcher des km sans rencontrer personne ou alors de loin avec le petit signe des gens pressés! Pressés de quoi, vers quoi on se le demande, mais pressés. D'ailleurs la nonchalance n'est pas bien vue dans ces villes grises et besogneuses. Même si tu passes ta journée à déplacer des dossiers du bureau vers le tiroir ou du tiroir vers les archives faut avoir l'air débordé pour être dans le coup . Maintenant tu prends le temps de vivre, il fait beau et les terrasses des cafés sont accueillantes.
Après l'échec plus au moins avoué de l'apprentissage de l'hébreu il y a un autre sujet inépuisable, je veux dire l'immobilier.
Chaque cas est un cas! Le coup de fusil inexistant mais toujours recherché, le prestige du tout marbre, la vue imprenable sur la mer, etc., etc. On parle aussi des frais de notaire, des frais d'agence, du cours du dollar et des prix, ces satanés prix que même pendant la crise n'ont pas bougé d'un shekel. C'est un bien étrange pays que celui-ci! Avec un sentiment mitigé de fierté et culpabilité on accepte d'être montrés du doigt comme ces français coupables de la hausse ou de la non baisse des prix des appartements.
Et on pend des crémaillères les unes après les autres, la traditionnelle Hanoukat Bait avec ou sans rabbin, toujours avec bonheur, anisette, kemia sans oublier le couscous sucré pour que la vie soit douce dans cette nouvelle résidence.
La maîtresse de maison est très fière de sa cuisine et de son électroménager top flambant neuf. Son mari nous montre tout aussi fier son coin ordi, dont il ignore comme nous tous 90% des possibilités mais d'où il consulte la bourse et peut voir par la webcam les petits enfants restés en France.
De toute façon tu sais que si la nostalgie te prend, pour changer les idées tu descends faire un petit tour au Kikar où t'es sûr de tomber sur quelqu'un!

samedi 16 janvier 2010

Sans se donner le mot


Ils sont arrivés sensiblement en même temps. Eté 2004, un peu avant un peu après avec des enthousiasmes juvéniles. Et pourtant... De leur jeunesse il en est bien question. Le souvenir de ce temps passé est la gomme qui efface presque tout entre là bas et ici . On ne parle que de là bas et là bas ce n'est pas qu'un pays. Là bas est tout ce que la mémoire a gardé, sublimé. Enfance, adolescence, paysages magnifiés que l'on cherche à retrouver ici. Ici c'est le présent, c'est le rêve devenu réalité, avec des réveils parfois difficiles et des angoisses à surmonter.

Cinquante ans après là bas, on se rencontre, on se situe, on se regarde, on pense il a vieillit et on dit t'as pas beaucoup changé. Pour un compliment c'est raté ou alors les femmes et les hommes d'aujourd'hui n'ont jamais été jeunes!

Des angoisses à surmonter, après les tracasseries administratives il y a la langue!

L'hébreu c'est la ligne d'horizon! Plus t'avances plus elle s'éloigne et quand t'as compris que tu ne parleras jamais correctement tu baisses honteusement les bras et invoques, ce qui est vrai, l'âge et ses misères. Plus de mémoire, de pouvoir de concentration, les horaires, la fatigue, etc. Mais pendant un certain temps tu t'es pris pour un étudiant, avec livres, cahiers et crayons. Si, comme moi, tu décides de rester analphabète, t'assumes avec soulagement et tu profites sans scrupules ni états d'âme de tout ce que la ville t'offre de beau.

C'est comme dans la chanson de François Deguelt " Il y a le ciel le soleil et la mer" et j'en passe. Plus le Kikar!