mercredi 17 mars 2010

Comme un ballet de libellules




T’entends un vrombissement lointain et tu sais qu’ils seront bientôt dans ton champ de vision.
Ils vont du nord au sud ou du sud au nord longeant la côte, dans un ciel bleu qui invite à la nonchalance.

En mission de surveillance ou de défense ils sont nos gardiens, les hélicos.
C’est rassurant mais ça serait tellement mieux de les savoir au sol, en veille, ou tout juste en manœuvres.

Un jour peut-être…
Ton regard les suit jusqu’à ne plus les voir et à ce moment tu leurs souhaites d’aller là où ils doivent aller mais surtout de revenir.
Sans pouvoir parler d’un sentiment d’insécurité, t’as à force de vivre sous menace, acquis une certaine dose de fatalisme au fur et à mesure que l’idée d’un Israël fort et presque miraculeusement invincible s’estompe.

Nous avons nos talons d’Achilles, nos chevaux de Troie et toutes les faiblesses d’une vraie démocratie.

Et aussi un ras le bol de piétiner dans une situation figée, de chercher à plaire souvent par des actes contre l' intérêt immédiat, mais qui sait lucratifs à long terme.

D’être celui que l’on presse de faire un geste, encore un !
Réflexion de Café du Commerce ? Sans doute! Mais aussi un constat sans oeillères.

T’as plus envie de lire un journal, d’écouter la radio et encore moins de regarder la télé.
En ce moment les mimosas sont en fleurs et tels des feux d’artifice jaune or les arbres font les beaux le long des routes et dans les parcs. La nature est magnifique, le Printemps est là.
T’as envie de te laisser aller, de ne plus penser, passer à autre chose. De faire une pause, le vide, que le monde t´oublie et oublier le monde.
Mais le ballet incessant des hélicos, libellules de fer et acier aimées et redoutées t’en empêche.
Même au Kikar tu les vois passer …
Et ta « limonada » n’a plus le même goût !

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