
T´as jamais vu ces beaux oiseaux verts?
La première fois j´ai cru qu´une perruche éprise de liberté avait quitté sa cage. Mais non! Elles sont là par bandes presque tous les matins et vont d' antenne en antenne, poussant des cris entre pigeons et tourterelles. Désinvoltes et belles elles prennent possession du ciel, comme les touristes de notre plage et du Kikar.
À chaque fois, avec des jumelles, je suis leurs vols.
Un plaisir simple qui me ramène à l´époque où sans télé ni ordi c´était dans la nature que nous trouvions nos passetemps favoris.
Regarder dans la rivière, sous le cresson sauvage, la vie des grenouilles de têtards à l´âge adulte. Attraper des lézards avec une tige souple où l´on avait fait un noeud coulant au bout. Ça ne marchait jamais mais on y passait un temps fou! Commencer une collection de papillons, abandonnée à peine débutée. Trop fatigant de leur courir après par ces chaudes journées d´été. Cueillir des mûres et les mettre dans une énorme feuille d´arum fermée en cornet par des aiguilles de pin...
Ces petits oiseaux verts m´ont ramené dans la maison où enfant je passais mes vacances.
Il y a bien longtemps...
Être là
Laisser le gracile rayon de soleil
Violer l'ombre dans la chambre
Aux murs blanchis à la chaux.
Ouvrir les volets couleur ambre, craquelés,
Sur les montagnes lointaines, immuables et fières
Drapées d'une étrange lumière.
Respirer les senteurs de la nuit
Qui agile s'est enfuit
A peine mouillée par la rosée du matin.
Descendre dans le jardin.
Caresser d'une main distraite l'écorce lisse du figuier.
Guetter d'une oreille inquiète le murmure rassurant
De l'eau glissant dans la rivière.
Écouter religieusement
Les oiseaux bénir l'aube de leurs chants.
Goutter ces plaisirs démodés,
Ces petits riens si fragiles.
Être là et être bien.
(Casa do Passo)
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