Pas besoin de rendez-vous! Tu descends et tu tombes toujours sur quelqu'un.
A Lyon tu pouvais marcher des km sans rencontrer personne ou alors de loin avec le petit signe des gens pressés! Pressés de quoi, vers quoi on se le demande, mais pressés. D'ailleurs la nonchalance n'est pas bien vue dans ces villes grises et besogneuses. Même si tu passes ta journée à déplacer des dossiers du bureau vers le tiroir ou du tiroir vers les archives faut avoir l'air débordé pour être dans le coup . Maintenant tu prends le temps de vivre, il fait beau et les terrasses des cafés sont accueillantes.
Après l'échec plus au moins avoué de l'apprentissage de l'hébreu il y a un autre sujet inépuisable, je veux dire l'immobilier.
Chaque cas est un cas! Le coup de fusil inexistant mais toujours recherché, le prestige du tout marbre, la vue imprenable sur la mer, etc., etc. On parle aussi des frais de notaire, des frais d'agence, du cours du dollar et des prix, ces satanés prix que même pendant la crise n'ont pas bougé d'un shekel. C'est un bien étrange pays que celui-ci! Avec un sentiment mitigé de fierté et culpabilité on accepte d'être montrés du doigt comme ces français coupables de la hausse ou de la non baisse des prix des appartements.
Et on pend des crémaillères les unes après les autres, la traditionnelle Hanoukat Bait avec ou sans rabbin, toujours avec bonheur, anisette, kemia sans oublier le couscous sucré pour que la vie soit douce dans cette nouvelle résidence.
La maîtresse de maison est très fière de sa cuisine et de son électroménager top flambant neuf. Son mari nous montre tout aussi fier son coin ordi, dont il ignore comme nous tous 90% des possibilités mais d'où il consulte la bourse et peut voir par la webcam les petits enfants restés en France.
De toute façon tu sais que si la nostalgie te prend, pour changer les idées tu descends faire un petit tour au Kikar où t'es sûr de tomber sur quelqu'un!
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