samedi 16 janvier 2010

Sans se donner le mot


Ils sont arrivés sensiblement en même temps. Eté 2004, un peu avant un peu après avec des enthousiasmes juvéniles. Et pourtant... De leur jeunesse il en est bien question. Le souvenir de ce temps passé est la gomme qui efface presque tout entre là bas et ici . On ne parle que de là bas et là bas ce n'est pas qu'un pays. Là bas est tout ce que la mémoire a gardé, sublimé. Enfance, adolescence, paysages magnifiés que l'on cherche à retrouver ici. Ici c'est le présent, c'est le rêve devenu réalité, avec des réveils parfois difficiles et des angoisses à surmonter.

Cinquante ans après là bas, on se rencontre, on se situe, on se regarde, on pense il a vieillit et on dit t'as pas beaucoup changé. Pour un compliment c'est raté ou alors les femmes et les hommes d'aujourd'hui n'ont jamais été jeunes!

Des angoisses à surmonter, après les tracasseries administratives il y a la langue!

L'hébreu c'est la ligne d'horizon! Plus t'avances plus elle s'éloigne et quand t'as compris que tu ne parleras jamais correctement tu baisses honteusement les bras et invoques, ce qui est vrai, l'âge et ses misères. Plus de mémoire, de pouvoir de concentration, les horaires, la fatigue, etc. Mais pendant un certain temps tu t'es pris pour un étudiant, avec livres, cahiers et crayons. Si, comme moi, tu décides de rester analphabète, t'assumes avec soulagement et tu profites sans scrupules ni états d'âme de tout ce que la ville t'offre de beau.

C'est comme dans la chanson de François Deguelt " Il y a le ciel le soleil et la mer" et j'en passe. Plus le Kikar!

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