mercredi 24 février 2010

Au chevet de Madère



Je suis accablée ! Je n’ai pas envie de parler alyahkikar.
Mon île souffre et moi avec elle.

Funchal transformé en marécage !
Des images à la limite du supportable et la rage liée à l’impuissance face aux forces de la nature. Une nature qui reprends ses droits et les rivières leurs lits se débarrassant comme dans un énorme vomissement de tout ce qui encombre leurs cours.
Alliance maudite du mauvais temps, de l’ignorance et de la cupidité. Des vies perdues parce que au mauvais endroit au mauvais moment. Des rivières paisibles couvertes de bougainvilliers, beauté de carte postale, déchaînées, devenues furies meurtrières.
Et la question obsédante, que l’on n’ose pas se poser tant on a mal, mais qu’il va falloir affronter : à qui la faute ?
Et à quoi cela avance si l'on persiste dans les mêmes erreurs ?
1993 nous avait donné un sérieux avertissement. Est ce que l’on a vu des changements dans l’occupation des sols, dans le nettoyage des rivières ?
C’est vrai que l’on ne coupe pas de rubans quand on débute ou termine ce genre de besogne, pas de bain de foule non plus… C’est vrai que les querelles de clocher occupent et font vendre du papier détournant l’attention de l’essentiel. C’est vrai aussi et surtout que le moment est à la solidarité, toutes sensibilités et partis politiques confondus.
Il faut un grand élan pour sortir de là et les gens de Madère vont prouver que fatalisme et courage bien qu´antinomiques vont réussir ce challenge !
De loin mais toujours avec toi, je ne veux te retrouver que comme je t’imagine :

Mon île

J’arrive !
Je t’en prie fais toi belle !
Mets ton beau corsage vert,
Ta jupe bleue océan,
Tes jupons frangés d’écume
Ton châle de nuages blancs.
Parfume toi de lilas,
De chèvrefeuille ou de jasmin
Coiffe toi de soleil
Et dans tes cheveux flambants
Noue des poinsettias vermeils !
Fais chanter à tes oiseaux
Au Kiosque de Jardin
Le plus bel Hymne à la Joie !
Fais danser des feux follets
De tes montagnes à tes plaines
Et dans tes rivières paisibles
Fais rire l’eau aux éclats !
J’arrive !
Et nous serons à l’unisson
Mon île, mon cœur, ma raison !

Panse vite tes plaies ! Se sont aussi les miennes.

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