samedi 25 juin 2011

Port d'Abri






Quand je lâche à tout vent
Les voiles folles du souvenir
Quand ce bateau sorcier
Sans timonier ni amarres
M’emporte vers ton rivage
Je jette l’ancre
Impuissante
Dans la mer sombre de ton regard.
Mon port d’abri, mon refuge
Baie
Où la fuite du temps qui nous hante
Devient mirage
Où les années comme des caresses
Sur nos visages passent
Sans creuser la moindre ride.
Tu m’y abrites chaque fois
Quand vers toi telle une ombre
Frissonnante
Je m’envole
De rires et de tendresse avide.





Lyon, 1984


...Et toujours la fuite du temps, le temps qui nous a rendu parents et grand-parents à qui tous les jours nous devrions dire merci...Mais quand on commence à avoir plus de souvenirs que de projets au diable les bonnes manières!!!


J'oublie un peu le Kikar...


Mais je n'oublie que trois jeunes filles juives franco-israéliennes et un brave arabe israélien y on laissé leurs vies par l' incurie de certains.


lundi 14 mars 2011

Saturation ou lassitude...






Je ne sais si l'une naît de l'autre ou si elles grandissent ensemble mais en ce moment je suis comme à la veille de vacances quand j'étais encore en activité professionnelle. Fallait pas me demander d'ajouter un jour, que dis je, une heure de plus. Tout en moi était au paroxysme! Ça craquait de partout, je prenais l'eau!


L'image que l'on avait de moi me pesait. Assez de mener de front tout ce que fait de toi une super woman!


Et j'avais écris un petit truc toujours d'actualité 25 ans après.J'espère pouvoir en parler encore dans 25 ! Il n'est pas interdit de rêver ...




Dans ce monde du tsunami dont tout le monde en parle et pour cause, du massacre de 5 membres d'une même famille israélienne par des barbares palestiniens dont personne n'en parle (ou si peu) et pour cause, mes petits états d'âme n'intéressent que moi et pour cause.


Mais je laisse ici un moment de vie, de ma vie pour ceux qui me font l'amitié de me lire



Lassitude


Sentir que la jeunesse

S'échappe

Se regarder dans la glace

Faire la grimace

A ses rides, ses cheveux blancs

A la vie que l'on vit en automate

Agressée par le béton, les néons

Les minutes qui passent,

Le froid, le vent.

Avoir à jamais fait le deuil

D'un ciel bleu du bruit des vagues

D'offrir son corps au soleil!

Atroce certitude!

Jeter la montre, le masque

Ne plus être citée en exemple.

Vivre

L'espace d'un coup de folie

Toutes les paresses du monde !

Fermer les yeux, ne plus penser,

Se faire bercer comme un enfant

Et s'enfoncer dans le néant

Au comble de la lassitude.



Lyon, avril 1985






dimanche 21 novembre 2010

Un masque sans Carnaval




C´est fait!

On les a à la maison, dans la chambre étanche, deux vilaines boites bien fermées à côté des bouteilles d´eau, du poste à transistors...

Faudra penser aux petits biscuits au cas où....

C´est drôle! J´ai eu la même sensation qu´après un vote!

Devoir accompli...La suite ne m´appartient pas.

En plus, peut être pour dédramatiser la démarche, la distribution est faite par du personnel compétant dans une grande surface d´électroménager, avec un plasma où passait en boucle leur mode d´emploi .
Le même, quelques semaines auparavant vantait les mérites du dernier robot miracle pour la superwoman avertie du XXI siècle!!
Interdiction formelle d´ouvrir les emballages jusqu´au jour ...
On espère ne jamais avoir à s´en servir!!
Une formalité, encore une dont on se serait bien passé!

Mais la vie continue et plutôt de manière agréable.
Il fait moins chaud, ouf! on respire, la mer est belle, les journées courtes.
Des couchers de soleil magnifiques et des nuits reposantes.
On retrouve Netanya comme on l´aime. Calme mais vivante et à nous!
On oublie la politique, Bibi, Abu, Obama, Hillary et les autres!!
Et au Kikar on sirote un Coca Ligth, régime oblige, en se disant que chaque jour de Paix est un cadeau pour les deux côtés de la frontière!

mercredi 29 septembre 2010

Mon histoire d'eau...



Il a fait chaud, très , très chaud!
Il fait chaud, très, très chaud!
Il fera encore chaud, très, très chaud!

Tu tends l'oreille au moindre clapotis...
La nuit tu changes de chambre à la recherche d'une petite brise, d'un souffle, mais fenêtre ouverte le rideau ne bouge même pas!

Tu fermes les yeux et des images de ruisseaux paisibles et rafraîchissants t'envahissent.

De ton vieux cahier à spirales tu sors ta Chanson d'Eau et du coup la température commence à baisser à mesure que ta "saudade" augmente ...

Chanson d'eau

Cristalline, maligne
Elle coule insouciante
Déjouant les écueils
Comme l'avenir se joue
Des plus mauvais présages.
Sautillante, fuyante
Comme un écureuil
Ne prenant au passage
Que l'éclat d'un rire,
Un reflet de sapin,
La blancheur du lys,
La rosée du matin.
Réveillant le souvenir
D'un jeu de pistes, d'un feu de camp
De deux regards qui se cherchent,
S'évitent...
D'un amour naissant.
D'un collier de fleurs de mai
Aux allures de perles d'Orient,
Devenu poussière avec le temps,
Mais jalousement gardé
Dans l'écrin soyeux de ma mémoire,
Dans cette eau, dans sa chanson,
Dans le jardin secret de notre histoire

vendredi 17 septembre 2010

Fantasme






Magie d'un clair de lune
Sans dunes...
Pas de sable, regrettable!
Du basalte gris asphalte
Mer de marbre bleu argent.
Regard sombre qui encombre
Boucles noires dans le vent.
Main nerveuse qui insiste
Corps brûlant qui résiste
Souffle court qui réclame
La réponse que l'on clame
Dans l'étreinte sans contrainte
D'un fantasme qui persiste!
Lyon 1991


PS
Il n'y a pas que le souffle qui est court...
L'inspiration aussi laisse à désirer!
Alors on pioche et on trouve ce genre de petites choses dans un cahier à spirales...




dimanche 15 août 2010

Pour Jacky




C'était un homme bon.
Un homme qui reconnaissait le mérite de sa femme et qui m'a dit en toute simplicité: tout ce que je suis, tout ce que j'ai réussi c'est grâce à Estelle.
Je le connaissait à peine. Depuis ce jour Jacky était pour moi un être à part.
J'aimais l'entendre s'adresser à sa femme avec un inimitable " chérie chérie", comme si une seule fois ce ne fut pas assez.
Et son "allô, allô" quand il répondait au téléphone? Le premier pour dire je suis là, le second pour je vous écoute? Je ne sais pas! Mais Jacky était ça aussi, la présence et l'écoute. Pour sa femme, ses enfants, petits et arrière petits enfants. Un Patriarche avec tout ce que cela comporte de responsabilité, respect et tendresse pudique.
Présent aussi pour ses amis. Le vrai copain au sens Brassens du mot.
Il a snobé la maladie. Elle s'est méchamment vengée.
Il laisse un vide que sa famille va tenter de combler en suivant son exemple et en honorant sa mémoire.
Ses amis sauront, par le souvenir ému de ces dernières années à Netanya, rendre l'absence presque acceptable. Il sera toujours parmi nous!
Si j'avais le coeur à plaisanter je dirais qu'il a déjà retrouvé Paul et d'autres mordus de belote avec qui il fera d'interminables parties. Parait que là haut le temps n'existe pas!
Mais je n'ai pas le coeur à plaisanter.
Perdre un ami c'est perdre un peu de soi-même, c'est prendre conscience tous les jours un peu plus que inexorablement la vie nous mène droit à la mort.
Quand on a eu la chance de croiser quelqu'un comme Jacky on peut bénir le hasard. Et "le hasard étant le pseudo de D. quand Il ne veut pas signer", alors merci mon D.!
Sur cette route de la vie à la mort il y a parfois des rencontres privilégiées.
Jacky en fut une.

lundi 19 juillet 2010

Alyah...Lourd bilan!



6 ans hier!


Si on me demandait de faire un bilan je dirais: j´ai grossi, énormément grossi!
Réducteur me direz vous, mais j´assume.
L´alyah n´est pas une mince affaire et encore moins une affaire de minces!
Plus ça va et plus c´est difficile, car la notion du temps qui passe vient te mettre en état d´urgence.
Il faut gagner le pari même si avec le recul tu le trouves un peu fou.
Et si on n´était là que pour accomplir la prophétie? Autrement il n´y aurait plus de prophétie, pas vrai?!
Est-ce le genre de défi capable d´agir sur l´inconscient de tout un peuple, de le pousser à retrouver son pays et à installer sur sa terre des hommes venus des 4 coins du monde?
Mais la terre est ronde... où sont les coins?
Fermons la parenthèse.
Donc je disais j´ai grossi!
Un psy, très lu et connu sur la place, disait dans un de ses derniers articles concernant l´alyah qu´il fallait éviter de tomber dans le piège du ghetto franco-français!
Sans le savoir j´ai depuis toujours suivi son conseil.
J'ai créé mon ghetto-perso, toute une carapace de graisse qui m´arrondi, m´empêche d´aller vers les gens, m'isole et m´enferme dans mes contradictions.
Je déteste mon image, l´image que je donne de moi, alors pourquoi l´imposer aux autres?
Si le psy me lisait ...mais c´est un cas banal!
Même pas original...vu le nombre de rooondes que l´on croise au km!!
Une réflexion due à la fatigue, à la chaleur?
Sans doute!
Mais ça ne change rien à la réalité des kilos qui me classent, doux euphémisme, en "severe obesity"!
Il y a plus grave, oui je sais, mais comme bilan c´est lourd...très lourd!!
Au moins 20 au dessus de la norme!
PS. Merci Botero! T´as su rendre beau le détestable.