
La maison du Passo
Elle se nichait heureuse au milieu des vignes
Bercée par le chant du ruisseau coulant indolent à ses pieds,
Protégée par des sapins qui lui adressaient de joyeux signes
Quand soufflait insolent le vent du nord.
Sortant d’un long hivernage elle accueillait l’été,
Nos rires d’enfants, nos jeux un peu fous
Sous un ciel si bleu presque sans nuages.
«- Elle a encore souffert de l’hiver, la pauvre, cette année et à son âge »
Un volet que la rouille condamne, un pan de mur écroulé,
Quelques tuiles envolées mais son charme reste intact
Et dans la joie des retrouvailles nous oublions ces détails !!
Maintenant
De la pénombre des années qui passent son souvenir qui n’est pas mort ressort, se fait tenace
Peuple mes rêves, hante mes nuits, tourmente sans trêve devient cauchemar !
Maison de famille ? Poste de Police ?
Rires de gamins ? Pleurs de criminels ?
Tout se mêle dans mon cœur dans ma tête.
L’évidence du trop tard et ce désir immense, impossible, obsédant
Qui s’impose chaque jour sans raison
Trouver, coûte que coûte, la machine à remonter le temps
Et qu’elle refasse de moi l’enfant qui riait et jouait insouciant
Dans la maison du Passo !!
Septembre 86
Et la magie du Kikar s'estompe...
Envies de verts, de galets qui roulent sous les vagues, de "paneladas de atum salgado..."





