jeudi 26 janvier 2012

La maison du Passo



La maison du Passo

Elle se nichait heureuse au milieu des vignes
Bercée par le chant du ruisseau coulant indolent à ses pieds,
Protégée par des sapins qui lui adressaient de joyeux signes
Quand soufflait insolent le vent du nord.
Sortant d’un long hivernage elle accueillait l’été,
Nos rires d’enfants, nos jeux un peu fous
Sous un ciel si bleu presque sans nuages.
«- Elle a encore souffert de l’hiver, la pauvre, cette année et à son âge »
Un volet que la rouille condamne, un pan de mur écroulé,
Quelques tuiles envolées mais son charme reste intact
Et dans la joie des retrouvailles nous oublions ces détails !!
Maintenant
De la pénombre des années qui passent son souvenir qui n’est pas mort ressort, se fait tenace
Peuple mes rêves, hante mes nuits, tourmente sans trêve devient cauchemar !
Maison de famille ? Poste de Police ?
Rires de gamins ? Pleurs de criminels ?
Tout se mêle dans mon cœur dans ma tête.
L’évidence du trop tard et ce désir immense, impossible, obsédant
Qui s’impose chaque jour sans raison
Trouver, coûte que coûte, la machine à remonter le temps
Et qu’elle refasse de moi l’enfant qui riait et jouait insouciant
Dans la maison du Passo !!
Septembre 86


Et la magie du Kikar s'estompe...
Envies de verts, de galets qui roulent sous les vagues, de "paneladas de atum salgado..."

lundi 1 août 2011

Nous





Je cherche dans tes yeux la tendresse d’avant,
Je cherche dans tes bras la douceur du printemps,
Je cherche sur ta bouche le goût de l’Océan,
Je cherche de tes mains les caresses d’amant,
Je cherche dans ton cœur les joies du gagnant !
Trouver dans tes yeux la crainte du passé,
Trouver tes deux bras obstinément croisés,
Trouver sur ta bouche ce pli désabusé,
Trouver tes mains nues sans rien à donner,
Trouver dans ton cœur nos illusions perdues
Et croire encore à nous sans cesser de t’aimer.


Lyon, 1987

Juste pour revenir à mon blog...
Sans trop me prendre la tête! Il fait une chaleur d'enfer. S'il existe nous en avons déjà un petit avant goût.
L'eau et les cygnes sont rafraichissants avec ce côté paisible des lacs italiens.
Quand l'Europe s'Indigne, le Magreb laisse filer leur printemps entre les mains qui égrènent des chapelets et que même ici on campe Boulevard Rothchild à Tel Aviv il est bon de penser que tout n'est pas perdu...
Obama n'a t'il pas sauvé le Monde avec son accord in extremis? Lui aussi a eu chaud et en aura encore pour un bon moment.
Et la Corne de l'Afrique?
C'est là l'Enfer et j'ai tout juste le droit de prier et de me taire...

samedi 25 juin 2011

Port d'Abri






Quand je lâche à tout vent
Les voiles folles du souvenir
Quand ce bateau sorcier
Sans timonier ni amarres
M’emporte vers ton rivage
Je jette l’ancre
Impuissante
Dans la mer sombre de ton regard.
Mon port d’abri, mon refuge
Baie
Où la fuite du temps qui nous hante
Devient mirage
Où les années comme des caresses
Sur nos visages passent
Sans creuser la moindre ride.
Tu m’y abrites chaque fois
Quand vers toi telle une ombre
Frissonnante
Je m’envole
De rires et de tendresse avide.





Lyon, 1984


...Et toujours la fuite du temps, le temps qui nous a rendu parents et grand-parents à qui tous les jours nous devrions dire merci...Mais quand on commence à avoir plus de souvenirs que de projets au diable les bonnes manières!!!


J'oublie un peu le Kikar...


Mais je n'oublie que trois jeunes filles juives franco-israéliennes et un brave arabe israélien y on laissé leurs vies par l' incurie de certains.


lundi 14 mars 2011

Saturation ou lassitude...






Je ne sais si l'une naît de l'autre ou si elles grandissent ensemble mais en ce moment je suis comme à la veille de vacances quand j'étais encore en activité professionnelle. Fallait pas me demander d'ajouter un jour, que dis je, une heure de plus. Tout en moi était au paroxysme! Ça craquait de partout, je prenais l'eau!


L'image que l'on avait de moi me pesait. Assez de mener de front tout ce que fait de toi une super woman!


Et j'avais écris un petit truc toujours d'actualité 25 ans après.J'espère pouvoir en parler encore dans 25 ! Il n'est pas interdit de rêver ...




Dans ce monde du tsunami dont tout le monde en parle et pour cause, du massacre de 5 membres d'une même famille israélienne par des barbares palestiniens dont personne n'en parle (ou si peu) et pour cause, mes petits états d'âme n'intéressent que moi et pour cause.


Mais je laisse ici un moment de vie, de ma vie pour ceux qui me font l'amitié de me lire



Lassitude


Sentir que la jeunesse

S'échappe

Se regarder dans la glace

Faire la grimace

A ses rides, ses cheveux blancs

A la vie que l'on vit en automate

Agressée par le béton, les néons

Les minutes qui passent,

Le froid, le vent.

Avoir à jamais fait le deuil

D'un ciel bleu du bruit des vagues

D'offrir son corps au soleil!

Atroce certitude!

Jeter la montre, le masque

Ne plus être citée en exemple.

Vivre

L'espace d'un coup de folie

Toutes les paresses du monde !

Fermer les yeux, ne plus penser,

Se faire bercer comme un enfant

Et s'enfoncer dans le néant

Au comble de la lassitude.



Lyon, avril 1985






dimanche 21 novembre 2010

Un masque sans Carnaval




C´est fait!

On les a à la maison, dans la chambre étanche, deux vilaines boites bien fermées à côté des bouteilles d´eau, du poste à transistors...

Faudra penser aux petits biscuits au cas où....

C´est drôle! J´ai eu la même sensation qu´après un vote!

Devoir accompli...La suite ne m´appartient pas.

En plus, peut être pour dédramatiser la démarche, la distribution est faite par du personnel compétant dans une grande surface d´électroménager, avec un plasma où passait en boucle leur mode d´emploi .
Le même, quelques semaines auparavant vantait les mérites du dernier robot miracle pour la superwoman avertie du XXI siècle!!
Interdiction formelle d´ouvrir les emballages jusqu´au jour ...
On espère ne jamais avoir à s´en servir!!
Une formalité, encore une dont on se serait bien passé!

Mais la vie continue et plutôt de manière agréable.
Il fait moins chaud, ouf! on respire, la mer est belle, les journées courtes.
Des couchers de soleil magnifiques et des nuits reposantes.
On retrouve Netanya comme on l´aime. Calme mais vivante et à nous!
On oublie la politique, Bibi, Abu, Obama, Hillary et les autres!!
Et au Kikar on sirote un Coca Ligth, régime oblige, en se disant que chaque jour de Paix est un cadeau pour les deux côtés de la frontière!

mercredi 29 septembre 2010

Mon histoire d'eau...



Il a fait chaud, très , très chaud!
Il fait chaud, très, très chaud!
Il fera encore chaud, très, très chaud!

Tu tends l'oreille au moindre clapotis...
La nuit tu changes de chambre à la recherche d'une petite brise, d'un souffle, mais fenêtre ouverte le rideau ne bouge même pas!

Tu fermes les yeux et des images de ruisseaux paisibles et rafraîchissants t'envahissent.

De ton vieux cahier à spirales tu sors ta Chanson d'Eau et du coup la température commence à baisser à mesure que ta "saudade" augmente ...

Chanson d'eau

Cristalline, maligne
Elle coule insouciante
Déjouant les écueils
Comme l'avenir se joue
Des plus mauvais présages.
Sautillante, fuyante
Comme un écureuil
Ne prenant au passage
Que l'éclat d'un rire,
Un reflet de sapin,
La blancheur du lys,
La rosée du matin.
Réveillant le souvenir
D'un jeu de pistes, d'un feu de camp
De deux regards qui se cherchent,
S'évitent...
D'un amour naissant.
D'un collier de fleurs de mai
Aux allures de perles d'Orient,
Devenu poussière avec le temps,
Mais jalousement gardé
Dans l'écrin soyeux de ma mémoire,
Dans cette eau, dans sa chanson,
Dans le jardin secret de notre histoire

vendredi 17 septembre 2010

Fantasme






Magie d'un clair de lune
Sans dunes...
Pas de sable, regrettable!
Du basalte gris asphalte
Mer de marbre bleu argent.
Regard sombre qui encombre
Boucles noires dans le vent.
Main nerveuse qui insiste
Corps brûlant qui résiste
Souffle court qui réclame
La réponse que l'on clame
Dans l'étreinte sans contrainte
D'un fantasme qui persiste!
Lyon 1991


PS
Il n'y a pas que le souffle qui est court...
L'inspiration aussi laisse à désirer!
Alors on pioche et on trouve ce genre de petites choses dans un cahier à spirales...