jeudi 29 avril 2010

Le temps qui passe...




T’as beau faire semblant, faire comme si mais tu ne trompes personne et encore moins toi-même.
Ici ou ailleurs le temps passe et passe de plus en plus vite.

Comme tu n’as pratiquement pas d’hiver tu vas d’été en été sans perdre ton bronzage ! Tu me diras que ce n’est pas une fin en soi .C’est juste un constat.
Pour peu qu’une escapade à Eilat ou à la mer Morte te donne un petit coup de soleil et te voilà bien tannée 365 jours par an sans avoir recours aux controversées cabines UV !
Mais le temps n’a pas arrêté de passer pour autant.

Autour de toi on parle de plus en plus souvent de celle ou de celui qui n’est plus. Dans ta tête tu calcules vite (tu peux encore le faire) pour te dire : eh ben, pas beaucoup plus vieux que moi…
Ta fille as mal au dos et quand tu lui demandes comment ça ?
- Je dois vieillir mal !
Alors si elle vieillit, toi n'en parlons pas.
En plus l’Alyah ça use ! C'est fou ce que ça use !
Seul un Grandfather à la maison m’aurait réconcilié avec cette évidence et encore...
Son tic-tac monotone et ses heures égrenées au son d’un carillon désuet me seraient moins cruelles.
Ça fait un peu « Les Vieux » de J. Brel mais bon....
J’aime les choses inutiles quand je les trouve belles et c´est beau un Grandfather.
Ce n’est pas la lumière bleuâtre du réveil digital qui me contredira!
J’irais un jour aux Puces de Yafo. On ne sait jamais…
Je divague !
Je vais plutôt faire un tour à la nouvelle librairie du Kikar prendre un beau bouquin et changer ces idées bizarres autour d´un complet au poisson chez William.
En plus si tu oublies les frites c´est presque diététique...!

lundi 19 avril 2010

Yom Haatsmaout


Demain c’est fête !
Le pays est déjà couvert de drapeaux de toutes tailles !
Partout du bleu et blanc, des balcons aux voitures, en guirlandes autour des arbres sans parler des sites officiels où des cérémonies vont avoir lieu.
On fête l’indépendance et ici ce mot a une charge émotionnelle énorme.
Comme le grand sport national est le barbecue, les parcs sont envahis par une foule bigarrée, glacière en bandoulière, chaises et parasol, tout l’attirail de l’israélien en goguette !
Toi tu vas à Regavim, kibboutz où les francophones se donnent rendez-vous tous les ans.
L’endroit est beau, lieu de vie aménagé, moins sauvage que les parcs. Tu y croises toujours les mêmes gens qui font toujours les mêmes choses.
Concours de pétanque…on vient de France, non ? Concours de belote…on vient de France, non ?
Sur la scène un DJ nous passe du Macias jusqu’à l’overdose !! Un peu d´oriental comme là bas et les grands classiques de la variété française. Décibels garantis mais ça n’a pas l’air de déranger grand monde. Il fait chaud et si t’as besoin de calme tu trouveras toujours un coin à l’ombre pour une petite sieste.
Mais avant la sieste t’as eu l’apéro, les grillades, les salades, les pitotes, la pastèque de rigueur et suprême luxe un café presque chaud droit sorti du thermos ! Tout ça servit dans une profusion de plastique et papier ! Enfin... Byzance !
J’oubliais les discours sans quoi ça ne serait pas une vraie fête! Discours que personne n’écoute à défaut d’entendre, mais que tout le monde applaudit soulagé que se soit enfin terminé !
Le soleil commence à décliner, la fête touche à sa fin, on se donne rendez-vous pour l’année prochaine et je me dis tout bas qu’ici la pluie ne viendra pas me tirer de là...
On ne peut être Place Bellecour et au Kikar!
PS. Pas mal du tout avec Dov à la musique! Même l'exposé de Caude Levy était très intéressant.Et la formule "après midi café plus apéro le soir" testée cette année mérite d'être renouvellée. Ce n'est pas un "mea culpa" mais preque!

jeudi 8 avril 2010

Perruches à col



T´as jamais vu ces beaux oiseaux verts?
La première fois j´ai cru qu´une perruche éprise de liberté avait quitté sa cage. Mais non! Elles sont là par bandes presque tous les matins et vont d' antenne en antenne, poussant des cris entre pigeons et tourterelles. Désinvoltes et belles elles prennent possession du ciel, comme les touristes de notre plage et du Kikar.
À chaque fois, avec des jumelles, je suis leurs vols.
Un plaisir simple qui me ramène à l´époque où sans télé ni ordi c´était dans la nature que nous trouvions nos passetemps favoris.
Regarder dans la rivière, sous le cresson sauvage, la vie des grenouilles de têtards à l´âge adulte. Attraper des lézards avec une tige souple où l´on avait fait un noeud coulant au bout. Ça ne marchait jamais mais on y passait un temps fou! Commencer une collection de papillons, abandonnée à peine débutée. Trop fatigant de leur courir après par ces chaudes journées d´été. Cueillir des mûres et les mettre dans une énorme feuille d´arum fermée en cornet par des aiguilles de pin...
Ces petits oiseaux verts m´ont ramené dans la maison où enfant je passais mes vacances.
Il y a bien longtemps...
Être là
Laisser le gracile rayon de soleil
Violer l'ombre dans la chambre
Aux murs blanchis à la chaux.
Ouvrir les volets couleur ambre, craquelés,
Sur les montagnes lointaines, immuables et fières
Drapées d'une étrange lumière.
Respirer les senteurs de la nuit
Qui agile s'est enfuit
A peine mouillée par la rosée du matin.
Descendre dans le jardin.
Caresser d'une main distraite l'écorce lisse du figuier.
Guetter d'une oreille inquiète le murmure rassurant
De l'eau glissant dans la rivière.
Écouter religieusement
Les oiseaux bénir l'aube de leurs chants.
Goutter ces plaisirs démodés,
Ces petits riens si fragiles.
Être là et être bien.
(Casa do Passo)

mercredi 24 mars 2010

Ainsi va la vie...



J’ai pas fait attention et j’ai tout nettoyé !
Même mon cerveau !
Plus d’idées, le vide total, donc Vacances pour tous !
Hag Pessah Sameah ! Que la Paix soit dans le Monde et surtout dans cette partie du Monde !
C’est pas pour demain ?
Va au Kikar ! Tu trouveras un ponte pour t’expliquer comment ça va se passer et une ou deux tables plus loin un autre pour te dire exactement le contraire !
Ainsi va la vie …

Bon voyage à ceux qui partent et surtout bon retour!

mercredi 17 mars 2010

Comme un ballet de libellules




T’entends un vrombissement lointain et tu sais qu’ils seront bientôt dans ton champ de vision.
Ils vont du nord au sud ou du sud au nord longeant la côte, dans un ciel bleu qui invite à la nonchalance.

En mission de surveillance ou de défense ils sont nos gardiens, les hélicos.
C’est rassurant mais ça serait tellement mieux de les savoir au sol, en veille, ou tout juste en manœuvres.

Un jour peut-être…
Ton regard les suit jusqu’à ne plus les voir et à ce moment tu leurs souhaites d’aller là où ils doivent aller mais surtout de revenir.
Sans pouvoir parler d’un sentiment d’insécurité, t’as à force de vivre sous menace, acquis une certaine dose de fatalisme au fur et à mesure que l’idée d’un Israël fort et presque miraculeusement invincible s’estompe.

Nous avons nos talons d’Achilles, nos chevaux de Troie et toutes les faiblesses d’une vraie démocratie.

Et aussi un ras le bol de piétiner dans une situation figée, de chercher à plaire souvent par des actes contre l' intérêt immédiat, mais qui sait lucratifs à long terme.

D’être celui que l’on presse de faire un geste, encore un !
Réflexion de Café du Commerce ? Sans doute! Mais aussi un constat sans oeillères.

T’as plus envie de lire un journal, d’écouter la radio et encore moins de regarder la télé.
En ce moment les mimosas sont en fleurs et tels des feux d’artifice jaune or les arbres font les beaux le long des routes et dans les parcs. La nature est magnifique, le Printemps est là.
T’as envie de te laisser aller, de ne plus penser, passer à autre chose. De faire une pause, le vide, que le monde t´oublie et oublier le monde.
Mais le ballet incessant des hélicos, libellules de fer et acier aimées et redoutées t’en empêche.
Même au Kikar tu les vois passer …
Et ta « limonada » n’a plus le même goût !

jeudi 11 mars 2010

La panne






Pas le vertige de la page blanche…la panne ! De toute façon personne ne se plaindra si cette semaine je pédale, je bafouille.
Un petit passage à vide comme souvent à l’approche des fêtes. Coup de blues, petite déprime ou « ma chou ka ze » !
L’impression d’avoir des racines aériennes…d’être de nulle part. Un peu aussi comme ces arbustes secs du désert qui virevoltent au grée du vent sans pouvoir s´arrêter. Je ferais mieux de parler de plantes grasses…mais celles-ci sont bien accrochées !!
C’est quand même bizarre ce sentiment ! Je suis une émigrante …
On fait comme si, on s’installe mais on regarde l’autre comme il te regarde, sans complaisance. Ta culture devient une charge, ta langue devient barrière, tes coutumes curiosités. Tu ne t’exprimes plus, tu mimes !
Tu finis par n’être bien qu’avec toi-même, mais t’as vite fait le tour. Alors tu te regardes le nombril et les jours passent. T’es pas malheureuse mais t’es en manque ! De quoi ? Va savoir !
Mais ça ira mieux demain ou après demain…
Tu te demandes si t’es la seule dans ce cas là . On a tous ses états d'âme, on les gère plus au moins bien mais on n'en parle pas .
Un découragement passager lié au sentiment de n’être pas d’ici et de ne plus être d’ailleurs ? De ne pas avoir le choix? D’avoir les deux pieds dans le même sabot, de ne pas avancer et de presque se plaire dans cet état d’inertie totale ?
Là le Kikar ne peut rien faire d’autre qu’attendre que ça passe!
Et ça va passer...

jeudi 4 mars 2010

Les méduses et les touristes...


Revenons à Netanya
Selon tes goûts, ton âge, tes artères et surtout tes os t’as huit mois dans l’année où tu peux profiter de sa plage !
A Lyon c’était un rêve ! Habiter une ville au bord de mer où il fait toujours beau. Eh! bien …j’y suis et tu sais quoi ? La plage c’est comme le shouk et la syna, je n’y vais pratiquement jamais.
Sauf que là je ne me l’explique pas. J’adore la mer, un peu moins le sable ayant vécu dans une île bordée de magnifiques criques, rochers et galets et je me prive de quelque chose que j’aime comme pour me punir...au secours Dr. Freud !
En dehors de juillet envahie par les méduses et août par les touristes, deux espèces à éviter, la plage est belle et fréquentable.
Surveillée, aménagée elle est tout ce que je voulais quand je ne l’avais pas. Mais maintenant j’ai toujours une bonne raison pour passer à côté et pour le regretter après. Ou il fait trop chaud ou pas assez, ou le vent avec le sable c’est insupportable, ou t’es fatigué ou ça va te fatiguer…et le temps passe. À chaque fois tu te dis…l’année prochaine ! Mais ça ne marche pas pour tout… et dans 2000 ans je ne serais plus là !
Dommage ! Ce sont ces petits plaisirs simples qui auraient peut être transformé le quotidien et empêché la routine de s’installer à condition que d’aller à la plage n’en devienne pas une !
En avril," bli neder", je vais commencer ma saison ! Allez ! Je fonce! Régime, sport et plage ! Qui dit mieux !?
J’ai bien dis "bli neder"… !!!
De toute façon, si j’échoue, il reste pour me consoler le Kikar et les délicieuses glaces de Tony
Si je réussis...je suis bien au pays des"ness", un Cola Diet chez Papa Maman, toujours au Kikar bien sur!